Pour une gestion durable de la forêt

 

La gestion durable des forêts suppose leur exploitation raisonnée. La préfète Marie Lajus a signé  jeudi 24 novembre 2016, à Fabas, un arrêté fixant les conditions encadrant les coupes de bois pratiquées sur les propriétés non dotées de documents de gestion durable.

Un arrêté préfectoral pour une gestion durable de la forêt ariégeoise

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La gestion durable des forêts suppose leur exploitation raisonnée. La loi prévoit que des programmes de gestion (document d’aménagement arrêté pour les forêts publiques, plan simple de gestion agréé ou règlement type de gestion agréé pour les forêts privées) soient mis en œuvre par les propriétaires et garantissent le respect et la pérennité de la forêt.

Ainsi, les forêts privées de plus de 25 ha sont soumises à l’obligation de rédiger un plan simple de gestion pour pouvoir procéder à des coupes. Ce document, agréé par le centre régional de la propriété forestière (CRPF), définit une exploitation raisonnée, limite et encadre les coupes.

En revanche, en dessous du seuil de 25 ha, les textes généraux n’imposent pas de document de gestion mais laissent aux préfets de départements l’initiative d’encadrer les pratiques. Il faut noter qu’en Ariège, 74% des forêts privées ( 2/3 de la forêt est privée) se situent en dessous du seuil de 25 ha, et n’étaient donc soumises à aucune obligation de gestion raisonnée.

A compter du 24 novembre 2016, la préfète de l’Ariège prend un arrêté garantissant la mise en oeuvre sur toutes les forêts d’une exploitation durable respectueuse des ressources et de la biodiversité. Cet arrêté précise qu’est dorénavant soumis à autorisation administrative toute coupe prélevant plus de la moitié du volume des arbres de futaie sur pied. Par ailleurs, seules pourront être autorisées des coupes rases prévoyant la reconstitution complète des peuplements.

Cet arrêté vise notamment à contraindre les pratiques de coupes rases qui portent des atteintes manifestes à la forêt ariégeoise.Sur le plan économique, une coupe rase rapporte plus en une opération mais compromet le futur, alors qu’une coupe sélective permet un meilleur profit échelonné dans le temps. D’autres inconvénients majeurs de la coupe rase concernent la protection de l’environnement et celle des biens et des personnes (érosion des sols, glissement de terrain, accélération des vitesses de l’eau lors de crues débordantes,…).

Au vu des enjeux économiques, environnementaux et sécuritaires du département (dont plus de la moitié de la superficie est occupée par la forêt), la préfète de l’Ariège a demandé à un groupe de travail réunissant tous les acteurs de la filière de lui proposer l’arrêté joint dont les deux points essentiels sont:

- Les coupes soumises à une demande d'autorisation ( article L124-5 du code forestier )

Les coupes d’arbres de futaie (peuplements issus de semis ou de plants), hors peupleraies, prélevant plus de la moitié du volume des arbres de la futaie doivent être soumises à une demande d'autorisation préfectorale à partir de 2ha de coupe de bois d’un seul tenant.

Ce seuil est abaissé pour les bois et forêts alluviales à 0,50ha et pour la ripisylve à un linéaire de cours d'eau supérieur à 100 mètres afin de préserver les enjeux environnementaux de ces espaces (richesses biologiques et paysagères-géomorphologie des cours d’eau), (spécificité départementale).

- L’obligation de reconstitution après coupe rase ( article L124-6 du code forestier )

Le présent arrêté impose la reconstitution après coupe rase en l'absence d'une régénération naturelle ou reconstitution satisfaisantes dans un délai de cinq ans à compter de la date de début de la coupe définitive, pour toute coupe rase d’une surface supérieure ou égale à 1ha incluse dans un massif forestier d'une superficie de plus de 4ha.

Le chantier pilote de coupe de bois de Fabas

Ce site illustre parfaitement la nécessité et les avantages d’une coupe raisonnée.La parcelle privée, objet du chantier pilote, proposée par le centre régional de la propriété forestière (CRPF), est située au sud du bourg de Fabas. D’une surface de 3ha, elle vient d’être intégrée au réseau de placettes référentes mises en place sur le territoire du parc naturel des Pyrénées Ariégeoises dans le cadre de la charte forestière. Les placettes du réseau ont vocation à faire connaître les différents types de peuplements forestiers existants au sein du PNRPA et de promouvoir les bonnes pratiques de gestion.

La placette de Fabas a fait, dans ce cadre, l’objet d’un inventaire pied à pied de tous les arbres ainsi que d'une analyse écologique, réalisés par le CRPF qui va présenter sur le site la démarche.

Il s’agit d'un taillis sous futaie de chênes de bonne à très bonne qualité. L’absence d’exploitation sur la parcelle depuis des décennies a conduit à une capitalisation des bois sur pied. C’est l’exemple typique de parcelles pouvant apporter sur le champ un prix à l’hectare attractif en cas de coupe rase mais celle-ci pénaliserait fortement l'avenir des peuplements pour des générations.

Le seuil d’enclenchement de l'obligation d’une demande de coupe prélevant plus de 50% du volume des arbres de futaie (les bois issus du taillis étant exclus de cette obligation) apparaît un bon outil pour s’opposer à une exploitation abusive.

Le marquage de la coupe permet de visualiser le prélèvement des arbres de futaie projeté. Ce dernier vise à préserver la capacité productive de la futaie et en assurer son reUne attention particulière a été portée à la richesse environnementale de la parcelle en maintenant sur pied des arbres morts ou abritant des habitats intéressants (cavités, présence de lierre...). Ce marquage raisonné a conduit à un taux de prélèvement de seulement 15% du volume des arbres de futaie (70m3 de bois d’œuvre sur 3ha) dont des individus de qualité exceptionnelle (bois de merrain destinés à la tonnellerie) ayant atteint leur limite d'âge et de diamètre.

La vente de cette coupe va rapporter 3000€/ha au propriétaire, montant qui peut paraître peu élevé à comparer aux recettes issues d’une coupe rase. Néanmoins, la pratique d’exploitation retenue permettra au propriétaire d’obtenir un meilleur profit échelonné dans le temps.Cette rencontre sur le terrain est l’occasion de rappeler que ce mode de gestion pour de "petites forêts" dépourvues de document de gestion, approuvé par l’ensemble des acteurs de la filière bois, associe à la fois les préoccupations économiques et la préservation voire l’amélioration des habitats naturels et des espèces.

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Fabas le 24 novembre 2016

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