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Renaissance de la pension de famille de Lavelanet

 
 
Renaissance de la pension de famille de Lavelanet

Marie Lajus, préfète de l’Ariège, a inauguré à Lavelanet  le 24 mai 2018, la pension de famille Gilfrédo, reconstruite après l'incendie tragique qui fit 3 victimes dans la nuit du 3 au 4 septembre 2014.

La pension de famille est une offre alternative de logement, alliant logements privatifs et espaces collectifs permettant la réadaptation à la vie sociale de personnes à faible niveau de ressources. Elle propose un environnement chaleureux et convivial, dans lequel les résidents en situation d’exclusion et de précarité peuvent reconstituer des liens sociaux et retrouver leur autonomie. Le maintien dans le logement est une étape primordiale pour stopper le processus d’exclusion.

Le 25 octobre 2013, était inaugurée à Lavelanet la première pension de famille du département, dont une partie des bâtiments devait être dévastée dans la nuit du 3 au 4 septembre 2014, par un incendie criminel faisant trois victimes.

Cette structure, fruit d’un partenariat entre les services de l’État, l’office public de l’habitat de l’Ariège, la Croix-Rouge, et la ville de Lavelanet, composée de 20 logements individuels équipés, de 22 m² chacun, a été reconstruite.

La Croix-Rouge, gestionnaire de l’établissement, a baptisé la pension de famille Gilfrédo, contraction des prénoms de Gilbert Ferrier, Frédéric Amiot  et Dominique Monnery, les résidents tragiquement disparus dans l’incendie.

Des pensions de famille, pour stopper le processus d'exclusion

En offrant un logement sans condition de durée en structure semi-collective à des personnes fragilisées socialement, les pensions de famille et résidences accueil font le pari de la capacité à habiter des personnes, quel que soit leur histoire, et œuvrent à retisser du lien social. Les pensions de famille sont unanimement reconnues comme des solutions adaptées aux besoins des personnes en grande exclusion après un long parcours de rue et des passages répétés en centres d'hébergement d'urgence. Le plan de relance 2017-2021 du dispositif de pensions de famille/résidences accueil prévoit sur 5 ans la création de 7 500 places en pensions de famille et résidences accueil, 1500 places par an entre 2017 et 2021. Il permettra d'augmenter de moitié la capacité actuelle dans ce type de structures (15 000 places recensées en 2015). Un comité de suivi national, regroupant la direction générale de la cohésion sociale, la direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysage et la Dihal, est chargé de suivre sa mise en œuvre. Le pôle hébergement-logement de la Dihal a par ailleurs édité une étude sur les pensions de famille et résidences accueil fin 2015.

Le maintien dans le logement une étape primordiale pour stopper le processus d’exclusion.

Le projet social, ainsi que le fonctionnement d’une pension de famille reposent  sur l’hôte, chargé de l’animation et de la régulation de la vie quotidienne de la maison. Par son intermédiaire, les liens avec l’environnement local de la maison sont facilités et la sécurité des résidents et des riverains est ainsi garantie. Les orientations sur les places de pension de famille sont effectuées sur proposition de la commission insertion du S.I.A.O.  Les résidents d’une pension de famille ne s’acquittent pas d’un loyer mais d’une redevance dans laquelle sont inclus tous les frais liés au logement. A titre d’exemple sur la pension de famille de Lavelanet, les redevances varient de 380 € à 480 € en fonction de la superficie. Les résidents ont un résiduel à leur charge de 35 € à 40 € (delta entre l’APL Foyer et la redevance).

Les deux structures de Lavelanet et de Saint-Girons concrétisent des besoins recensés dans le plan départemental d'action pour le logement des personnes défavorisées élaboré pour l’Ariège. Il existe 3 pensions de famille dans le département, à Lavelanet, Saint-Girons et Foix pour 47 places, ce qui représente un financement annuel total de 274 480 €, soit 16 € par jour la place.

Conscient de l’importance de ces structures, le gouvernement vient de lancer un plan quinquennal de création de nouvelles places de pensions de famille à hauteur de 5 000 et de résidence accueil à hauteur de 2 500. Des opérateurs ont déjà manifesté leur intérêt pour porter de telles réalisations. Si celles-ci aboutissaient, le département connaitra alors un judicieux maillage de son territoire, notamment en basse Ariège.